Syrie : une association française lance un programme d’aide d’urgence

09 Oct

Syrie : une association française lance un programme d’aide d’urgence

Depuis une semaine, plus de 500 civils ont été tués dans l’enclave rebelle de la Ghouta, aux portes de Damas. La France a débloqué 140.000 euros pour permettre à l’association Medina d’agir sur place en envoyant notamment des équipements de première nécessité.

Depuis plus d’une semaine, la Ghouta orientale fait face aux raids incessants du régime syrien. Cette situation, qualifiée de «catastrophique sur le plan humanitaire» par le président de l’association Medina, a fait plus de 500 morts, dont une centaine d’enfants, selon le décompte établi par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les organisations caritatives ont déclaré que les avions avaient frappé plus d’une douzaine d’hôpitaux dans la zone, les rendant incapables de soigner les blessés.

Syrie: l’ONU exige que la trêve soit «immédiatement appliquée»

Un projet engagé depuis début février entre l’État français et l’association du Berry Medina vient d’aboutir à un financement à hauteur de 140.000 euros. Cette aide versée par le ministère des Affaires étrangères, le Conseil départemental de Haute-Garonne et Expertise France (l’agence française d’expertise technique internationale), vise à lancer un programme d’aide d’urgence sur trois mois, en Syrie.

Une maternité et une clinique mobile

Installée à Bourges, l’association Medina travaille déjà en Syrie depuis trois ans. «Nous avons installé une maternité et une clinique mobile près d’Alep, indique son président, Franck Carrey. Et aujourd’hui, nous continuons à les faire fonctionner malgré les conditions très difficiles de sécurité». Ce nouveau financement va maintenant leur permettre «d’envoyer des colis non-alimentaires et de fournir des équipements de première nécessité (matelas, vêtements, couvertures, matériaux chauffa…), mais également des kits de première urgence pour les nouveau-nés» indique Mariam Nekkach, coordinatrice de programmes en Syrie, Palestine et France, de l’association.

Pour plus de «250 accouchements par mois effectués dans la maternité mobile», ce financement est essentiel, mais pas nouveau. L’association «travaille depuis plus d’une dizaine d’années avec le ministère des Affaires étrangères français, mais également les collectivités (départements, régions…) et des fondations diverses (qui financent à hauteur de 50%)» indique Franck Carrey.

Des professionnels de la santé syriens

Les personnes engagées sur place sont uniquement des salariés syriens, qui sont au nombre de quarante. En raison de l’inaccessibilité du site aujourd’hui, «aucun expatrié» n’est présent en Syrie. Essentiellement basés «dans la région rurale Ouest et Nord-Ouest de Alep», ces «médecins généralistes, gynécologues, psychologues, sage-femmes, infirmières et pharmaciens» syriens sont «tous des professionnels avec de l’expérience qui ont perdu leur travail après la guerre et qui ont proposé leur aide pendant la guerre pour aider» explique Mariam Nekkach. Et d’ajouter qu’ils sont «présents à la fois dans la maternité et la clinique mobile».

 Syrie: six années d’impuissance face aux armes chimiques

L’association dispose de plusieurs coordinateurs dont un local en Syrie mais également un en Turquie «qui est très important car c’est en Turquie que se trouvent toutes les ONG et notamment le siège de l’OMS» précise Mariam Nekkach. Et d’ajouter que «le coordinateur en Syrie manage toute l’équipe médicale et je suis en contact avec lui tous les jours, via skype, whatsapp, par mail ou par téléphone. On fait le point chaque jour sur l’état d’avancement des activités, sur les facteurs de blocage, sur la situation sécuritaire dans la région». Et ce réseau mis en place «travaille avec le Directorat de la Santé libre d’Alep qui gère la zone libre d’Alep et donc pas le Directorat en lien avec le régime» syrien.

«On n’a plus beaucoup d’espoir»

Franck Carrey souhaite également lancer un «nouveau projet de prise en charge de personnes déplacées», qui sont au nombre de 300.000 depuis plus de cinq ans. Et grâce à ce nouveau programme, ils vont pouvoir s’implanter dans «six nouvelles villes et villages qui n’étaient pas couverts auparavant et qui font parties des endroits où il y a le plus de déplacés, venant d’Idleb et de Hama» indique la coordinatrice de programme de l’association, qui précise que «ce projet est significatif car il a été monté dans un temps très rapide, très court, vu la situation d’urgence. C’est un budget de 140.000 euros qui ne s’établit que sur trois mois» alors que ce type de buget est habituellement donné pour une «période de six mois».

Alors qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU a été adoptée samedi, instaurant sans délais une trêve humanitaire de 30 jours en Syrie, Franck Carrey ne cache pas son pessimisme: «On n’a plus beaucoup d’espoir quand on voit la violence subie par la population syrienne depuis si longtemps». Il réclame un «accès humanitaire sans conditions» dans ces zones dévastées.

@LeFigaro

TRADUIRE »